Alain Baccino, Président de la Chambre d’Agriculture du Var et président du CIVP

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Alain Baccino habite Cuers. Vigneron, il possède le domaine de Peirecedes à Pierrefeu. Depuis 25 ans, il a occupé plusieurs mandats : au syndicat des Côtes de Provence, à la fédération des vignerons indépendants, au Centre du Rosé, au CIVP… Depuis 2013 à la Présidence de la Chambre d’Agriculture du Var, il a été à l’initiative de nombreuses actions qui perdurent aujourd’hui.

CTV : Vous êtes à la tête de la Chambre d’Agriculture du Var depuis trois ans, et à ce titre vous avez pu prendre le pouls des viticulteurs varois. Comment se portent-ils aujourd’hui ?
AB : C’est une question intéressante. C’est vrai qu’on disait autrefois que les viticulteurs se plaignaient souvent. Aujourd’hui, ils ont pris les choses en main et la situation est plutôt favorable. Ils ont fait le bon choix de s’engager sur du rosé de qualité, sur du haut de gamme. La Provence est aujourd’hui reconnue comme une grande région viticole, leader en rosé et cela induit des débouchés aussi sur l’ensemble de la gamme c’est-à-dire des rouges et blancs.

CTV : Vous êtes également président du CIVP. N’est-ce pas difficile de cumuler plusieurs casquettes ?
AB : Cela aurait été difficile si j’avais été débutant au CIVP or j’ai déjà été président du CIVP de 2004 à 2006 et j’en suis à mon deuxième mandat au sein de la Chambre d’Agriculture. Il y a une équipe en place et je délègue. Par ailleurs le CIVP est une structure de présidents de syndicats professionnels donc forcément …

J’ai visé le bio et j’engage les viticulteurs à améliorer leur production
par rapport à l’environnement

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CTV : Vous semblez également sensible à la promotion d’une agriculture bio ou du moins raisonnée. Vous êtes par ailleurs le seul président d’une Chambre d’Agriculture à être sous agriculture biologique, pourquoi ?
AB : Cela fait partie de mes convictions personnelles et d’entreprise. J’ai visé le bio et j’engage les viticulteurs à améliorer leur production par rapport à l’environnement, avec un climat merveilleux, ce qui facilite la production et la qualité de nos produits qui est la meilleure en France. Le Var est numéro un avec un pourcentage de près de 20 % de la surface agricole utile (SAU) cultivée en bio.

CTV : Les Côtes de Provence ont vu récemment naitre une nouvelle dénomination celui du Terroir Pierrefeu. Pourquoi ? Quelles sont ses particularités ?
AB : Un micro climat, sec en été, des influences marines sans avoir les rosées du matin et aucune gelée comme sur les autres régions septentrionales, c’est ce qui différencie le terroir de Pierrefeu tout en faisant partie de la grande famille des Côtes de Provence. Nous misons également sur le Rouge et sur l’engagement des producteurs à réfléchir sur le profil de leur vin.

CTV : Le terroir viticole varois est très diversifié. Quels sont les critères de sélection d’un Côtes de Provence ? Pouvez-vous nous expliquer ce processus ?
AB : Tout d’abord, ce qui définit les critères de sélection ce sont : la délimitation géographique, la concentration, la qualité et la sélection des cépages, principalement du grenache, du cinsault, du rolle pour le rosé et pour le rouge : du mourvèdre, syrah, grenache, carignan et bien entendu il y a un cahier des charges à respecter. Les Coteaux Varois également rentrent dans une charte de qualité. Il y en a pour tous les goûts : diversité, qualité et accueil touristique sont les principales caractéristiques.

Le CIVP est là pour fédérer.
Le public recherche de la nouveauté, de l’imagination.

CTV : L’oenotourisme semble prendre de l’essor à Pierrefeu, à travers les Balades Gourmandes. Désirez vous développer d’autres événements tels que celui-ci dans d’autres villes varoises ?
AB : Il faut tirer partie de ces appellations, de la dynamique humaine pour générer des évènements. Le CIVP est là pour fédérer. Le public recherche de la nouveauté, de l’imagination. Nous veillons à l’unité territoriale, à l’organisation. De nombreuses manifestations autour du vin sont organisées actuellement sur la Région : le Rallye de la Sainte Victoire, les Balades gourmandes, la Vigneron’s Cup à la Londe, Arts et Vin…

CTV : Vous avez également mis en place un site interactif de la Route des Vins de Provence, signe que la promotion des vins varois doit aujourd’hui passer par le numérique…
AB : La Route des Vins devient très importante dans le département ; la puissance du réseau également car il comprend le CIVP, la Région, les offices de tourisme, la Chambre d’Agriculture, le Département. La communication évolue inévitablement vers le numérique et les réseaux sociaux.

CTV : Concilier agriculture avec éthique et modernité est donc possible, même pour les plus petits producteurs varois ?
AB : Oui je crois. Les nouvelles générations modernisent leur outil de production. Elles ont fait de gros efforts de marketing, de packaging avec un pourcentage de 19 % en vente directe, ce qui permet aux viticulteurs de mieux comprendre les attentes des consommateurs. Suite à une enquête, l’oenotourisme est un argument de taille dans le choix de la destination touristique.

La Route des Vins devient très importante dans le département...

CTV : Il vous reste deux ans de mandat à la tête de la Chambre d’Agriculture, quelles sont les directives que vous souhaiteriez prendre ?
AB : Il y a une pression foncière très forte à l’heure actuelle, c’est un frein à l’installation et au développement des entreprises. La solution c’est de travailler avec les élus locaux pour engager des projets pour l’agriculture et accompagner les entreprises ; pour continuer dans le sens du progrès technique et économique ; coordonner l’action des structures agricoles ; porter les demandes auprès des élus ; assurer un rôle de cohésion comme au CIVP… Il faut laisser à nos générations un avenir pour la filière viticole

CTV : Varois pure souche, quel est le lieu où vous êtes le plus heureux ?
AB : L’endroit où je suis le plus heureux c’est dans mes vignes.

CTV :Dernière question : quel(s) conseil(s) donneriez-vous aux touristes qui viennent flâner dans notre beau département ?
AB : Je leur conseillerai de venir découvrir l’intérieur du département, de découvrir les vignerons, la Route des Vins qui est une très belle structure et d’enseigner à leurs enfants la dimension culturelle et sociale de la culture de la vigne.