Eric Dufavet Directeur Général du Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence (CIVP)

Eric Dufavet
Directeur Général du Conseil Interprofessionnel
des Vins de Provence (CIVP)

A 53 ans, Eric Dufavet habite Les Adrets. C’est un ancien de la célèbre école HEC. Il a occupé des postes à responsabilité chez Ericson, Philips et Dana Distribution. Puis de 1997 à 2003, il crée et dirige avec son frère un restaurant « L e bouche à Oreille », aux Adrets dans le Var. Depuis 2003 au poste de directeur adjoint du CIVP, ce n’est qu’en 2015 qu’il succède à François Millo, ancien Directeur Général.

CTV : Vous avez pris la suite de François Millo. Après quelques années dans son sillage, n’est-ce pas trop difficile de prendre les commandes ? Quels seront vos grands axes de développement ?
E. D : Non ce n’est pas trop difficile car François Millo et moi nous avons deux personnalités très différentes, je suis un homme de gestion et de management, il me faudra certes faire accepter ma différence, mais mes nombreuses années passées au poste de directeur adjoint feront que la transition sera moins difficile au sein de l’équipe puisque cela se fait dans la continuité, mais avec un caractère différent .Quand aux grands axes, je poursuis la ligne de stratégie que me fixent le Président et le bureau qui est celle de développer les circuits courts et l’export, faire en sorte que les vins Rosés de Provence, hauts de gamme « Le champagne des vins tranquilles » gardent leur position
leader sur le marché, et de rester dans la stratégie tout en la l’accentuant. En Mai-Juin, le bureau se réunit au cours d’un séminaire et nous aurons une vision sur les 5 prochaines années.

CTV : Vous travaillez en étroite collaboration avec la Chambre d’agriculture varoise, que pouvez-vous nous dire de cette participation ?
ED : Oui effectivement pour ce qui concerne la Route des Vins où nous sommes en parfaite symbiose. Nous avons dédié une collaboratrice qui consacre plus de la moitié de son temps à la Route des Vins. Nous accompagnons également la Chambre d’agriculture dans le projet de l’Agropole, projet de créer un espace où se retrouvent la Chambre d’agriculture, Le Centre du Rosé voire d’autres instances sur un même lieu, projet d’un atout économique incontournable.

CTV : Pour le grand public, le rôle exact du CIVP est un peu flou. Pouvez vous nous l’expliquer simplement ?
ED : Pour le grand public, nous n’existons pas, l’important pour nous ce sont les Vins de Provence, nos producteurs, les vignerons, les négociants et leurs produits. Nous sommes simplement le metteur en scène, le metteur en avant des Vins et assurons leur promotion.

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CTV : Le CIVP présente le millésime 2015, que pouvez vous en dire ?
ED : En terme de volume, les résultats sont très satisfaisants, ils permettent largement de satisfaire autant sur le marché français que sur l’exportation. Nous sommes au fait du développement de la qualité qui est vraiment au rendez vous avec un climat idéal, un été sec et des pluies au moment opportun, une récolte en avance, un raisin d’une belle maturité, une belle qualité et surtout en ce qui concerne les rouges, ils sont en quantité plus importante et très qualitatifs.

CTV : Quels sont les atouts des viticulteurs varois ?
ED : Les viticulteurs varois bénéficient d’un sol d’une climatologie exceptionnelle naturellement favorable pour le Vin Rosé. Ils ont fait des efforts importants en tenue, en qualité, grâce à une expérience de longue date et c’est l’expérience qui fait la spécificité et le qualitatif du produit que rencontre le public. Les viticulteurs varois ont également investi en terme d’équipement et de cave, en marketing, en communication, en étiquetage sophistiqué, en créativité et en variété dans les bouteilles. Le Rosé de Provence c’est l’expression de la liberté.

CTV : Le rosé représente 88, 5 % des bouteilles produites en Provence, mais sait-on y faire du bon vin rouge ?
ED : Justement oui, à consommer rapidement ou de garde, les vins rouges se vendent très bien sur les circuits courts, locaux, mais ils ont un peu de mal à l’exportation, une difficulté dans la promotion, j’espère que la politique de communication permettra de les valoriser

CTV : L’oenotourisme est aussi une belle manière de briser ces clichés…?
ED : Complètement ! L’orientation en terme de communication, le développement de la vente au caveau qui est un circuit important au profit de l’attrait touristique permettent de valoriser toutes les couleurs à partir du Rosé

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CTV : Qu’est-ce qui a poussé un ancien élève de HEC à s’occuper des vins de Provence ?
ED : J’ai un parcours très atypique, dix à douze années dans des multinationales, un profil HEC, puis j’ai créé mon restaurant dans le Sud avec mon frère cuisinier, c’était un rêve d’enfant, mais je n’avais plus de vie sociale et j’étais en décalage avec ma vie familiale et amicale. Je voulais retrouver une ambiance de PME, je suis arrivé au CIVP par hasard, en répondant à une offre d’emploi. Je ne connaissais pas la structure associative. J’ai eu une intuition en rencontrant François Millo, c’était une évidence, l’ambiance et le produit me plaisaient. Cela fera 13 années le mois prochain !

CTV : Quel est votre lieu de prédilection dans le Var ?
ED : J’aime beaucoup l’endroit où je vis les Adrets, je suis très attiré par le bord de mer et l’air marin, j’aime beaucoup la région entre Saint Tropez et Saint Raphaël.

CTV : Et enfin un mot sur le magazine Le Cahier du Tourisme varois
ED : J’aime beaucoup ce magazine il est très qualitatif, le format carré est très particulier, très informatif, sur les différents lieux et je suis ravi que vous mettiez les Vins de Provence à l’honneur en leur consacrant un dossier spécial.