Figuière à La Londe une réussite familiale en mode PIONNIER

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Il y a eu dans les années 1970, les racines vigneronnes, bien bourguignonnes, lorsque Alain Combard fonde avec son ami et associé, Michel Laroche, ce qui deviendra vite, l’une des plus belles maisons en Chablis. Il y a aujourd’hui ses enfants, Delphine, Magali et François qui, en suivant ses traces de fin détecteur de vignes à fort potentiel, font des terres familiales d’élection en Provence, le terroir de l’excellence. Rencontre avec Magali Combard pour une conversation rafraichissante et… gouleyante !

CTV : Pouvez-vous nous raconter l’histoire du nom Figuière et celle de votre famille ?
Magali Combard : Le nom «Figuière», qui a une connotation très provençale, remonte au grand figuier au beau milieu d’une parcelle du Domaine appelée Figuiera, figuier en provençal. A ma sœur, mon frère et moi, en apportant ici la qualité bourguignonne, notre père nous a montré le chemin. Mon père arrivant avec son savoir-faire de vigneron bourguignon a initié la culture de grands vins en Provence à une époque où on produisait plus de vins en vrac qu’en bouteille. Mon frère, ma sœur et moi avons hérité de sa passion pour la région et ses vins et poursuivons son chemin.

CTV : Pourquoi le bio ?
Magali Combard : Quand mon père est arrivé à Figuière, c’était déjà bio, avec une certification Ecocert depuis 1979. Pour nous, c’est une question de respect de la faune et de la flore. Voilà pourquoi, nous utilisons uniquement les ressources de la nature pour travailler notre vignoble. Ainsi, nous y avons installé des nichoirs à mésanges et à chauves-souris afin qu’elles puissent se nourrir des insectes nuisibles. Cette démarche qui pour le moment est expérimentale est soutenue par l’INRA.

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CTV : La vie de votre domaine c’est aussi les grands évènements ?
Magali Combard : Oui nous organisons « le Figuière festival » . Au-dessus, au milieu, les scènes sont partout dans le vignoble. Nous donnons carte blanche à notre directeur artistique. L’année dernière nous avons eu une grande pianiste classique Vanessa Wagner, un spectacle multimédia autour du film de Clouzot « les diaboliques », Hugues Sanchez «Les Diaboliques-Remix» (ciné concert), une pièce de théâtre, François Gremaud et Pierre Mifsud «Conférence de choses» , un spectacle de danse contemporaine, Olivia Grandville Cabaret Discrépant , un concert de rock métal avec le groupe Les Tétines noires et évidemment des dégustations de nos vins. Eclectique et électrique !

CTV : Quels sont vos projets ?
Magali Combard : Nous allons ouvrir cet été une table, l’Assiette, au cœur du domaine avec un terrain de pétanque, des canapés. Nous y servirons des apéritifs gourmands.

On y dégustera une cuisine d’inspiration familiale en mettant à l’honneur l’ingrédient. Par exemple, on pourra y savourer une salade à base de mangue, roquette, steak et copeaux de chèvre. Un lieu fait pour les petites faims et les grands vins !

Nous utilisons uniquement les ressources
de la nature pour traiter notre vignoble.

CTV : Dans votre production, quel est le vin que vous recommandez ?
Magali Combard : Notre Côtes de Provence Première rosé. Il provient du terroir schisteux de La Londe. C’est donc un vin avec une nette prédominance de l’élégance, de finesse, de minéralité et juste ce qu’il faut de belles notes de fruits jaunes. En bouche il a de la longueur et de la fraîcheur. C’est le vin qui est fait pour s’harmoniser avec de beaux crustacés et de belles viandes blanches rôties.

CTV : 2018 un bon millésime ?
Magali Combard : Un millésime compliqué parce que nos vignes ont été victimes de l’humidité, du mildiou et de l’oïdium. Nous avons été obligés, pour la toute première fois de procéder au tir sur pied en amont de la vendange. Mais après tous ces efforts, nous avons eu un très beau millésime.

CTV : Quelle est la particularité de la dénomination Côte de Provence la Londe ?
Magali Combard : Dans le verre, le terrain schisteux conjugué à l’influence maritime donne une complexité contrôlée en cave évoluant sur de la minéralité et de l’élégance.

CTV : Adhérent à la Route des Vins, quel est  le petit plus pour le domaine ?
Magali Combard : Probablement un surcroît de fréquentation. Je pense vraiment qu’il vaut mieux y être que ne pas y être.

CTV : Quels sont vos cépages préférés ?
Magali Combard : Le Rolle pour des blancs magnifiques sur un terroir de schiste, le Mourvèdre pour des rouges structurés et le Cinsault et le Grenache pour des rosés aux jolies expressions fruitées.

CTV : A votre avis pourquoi la Provence est-elle une terre d’excellence ?
Magali Combard : Du vin décontracté au vin d’exception, trois couleurs, rouge, blanc et rosé, la Provence a tous les atouts.

CTV : Le Rosé aussi festif que le Champagne ?
Magali Combard : C’est de plus en plus ressenti. Aujourd’hui on fait autant la fête avec du vin rosé qu’avec du Champagne. D’ailleurs on dit que la Provence est la Champagne du Rosé. Nos vins sont servis dans les stations de ski et les plages les plus branchées ainsi qu’à l’étranger, dans 60 pays, notamment sur des tables festives comme celles d’Ibiza ou au MOMA à New York.

Aujourd’hui on fait autant la fête
avec du vin rosé qu’avec du Champagne

CTV : Comment voyez-vous Figuière dans 10 ans ?
Magali Combard : Nous irons plus loin dans l’oenotourisme et nous nous adapterons aux évolutions de consommation, de plus en plus éphémères.

CTV : La France mise à part, quels pays vont devenir selon vous  de grands producteurs de vins de qualité ?
Magali Combard : Les vins produits ailleurs ne sont que dans la duplication. Un Cabernet Chilien n’est que la copie du Cabernet Californien, à l’inverse avec les vins européens où l’expression du terroir et les subtilités des cépages sont plus aboutis.

CTV : L’objet que vous emporteriez sur une île déserte ?
Magali Combard : Pour le contenant et le contenu, une des 60 000 canettes que nous nous préparons à exporter aux USA. Dans ce pays, le Rosé devient, en bateau, sur un rooftop ou dans un sac à dos, un produit de consommation très « life style ».

CTV : Chez l’amateur de vin, ce qui déclenche votre antipathie ?
Magali Combard : Celui qui est pressé .

CTV : Et ce qui déclenche votre sympathie ?
Magali Combard : Celui qui en abandonnant ses à priori se laisse graduellement convaincre.

CTV : Comment en trois mots donneriez-vous envie de venir déguster votre production ?
Magali Combard : Convivialité, qualité et professionnalisme

Quel serait le portrait chinois de votre production ?
Si c’était un arbre fruitier ? Un cerisier, quand il est en fleurs c’est superbe.
Un fruit ? Une cerise car j’adorerai être mangée !
Un plat ? Des oursins pour le côté iodé sur une tartine au beurre salé.
Une fragrance ? L’eucalyptus pour son odeur mentholée, très végétale.
Un parfum ? Burberry, très fruité avec des notes de grenade et de groseille.
Une chanson ? Shallow de Lady Gaga et Bradley Cooper.
Une couleur ? Le vert de l’espérance.
Une toile de maître ? La jeune fille à la perle de Vermeer.
Un animal de compagnie ? Un chat, il est indépendant dans sa dépendance.
Un animal sauvage ? Une girafe, haute sur pattes, dominante mais gracieuse.
Un livre ? La tresse de Laetitia Colombani pour ces vies de femmes entremêlées.
Un film ? Green book une belle histoire humaniste sur fond de racisme dans le Sud Américain.